PRET-A-PORTER

Furious Fur

Plaidoyer pour la fourrure (vintage) 

….ou comment la pensée collective me rend chèvre. Ceci est un titre polémique pour un article qui ne le sera pas tant. Je vais essayer de structurer ma pensée comme nous le demandaient nos profs d’antan : intro/contexte/partie 1/partie 2/conclusion (qui dira que la fourrure c’est mal, rassure-toi et ne m’insulte pas en commentaire, steuplé).

Pour parler SAPE, c’est à la fin de l’article!

« Pour ou contre la fourrure ? Pour ou contre la torture animale ?» La question ne se pose pas à moins d’être le dernier des connards. Le contexte est le suivant: je vais en Italie cet hiver (article inspiré à lire ici): froid de gueux. Les seules personnes qui résistent à ces températures négatives sont les mama italiennes emmitouflées dans leur manteau de fourrure, sans aucun doute bien authentiques (tout comme leur élégance). De retour à Paris, je passe dans une de mes friperies préférées et tombe sur quelques fourrures, sans conviction. Je t’avais déjà parlé de « la rencontre » : justement, je rencontre cette fourrure à ma taille, originale qui a le prix d’une imitation : 60 euros. Une cliente experte passe par là et me confirme qu’elle est « bien vraie ».  Pour couronner le tout, j’étais avec Emilie, qui est le démon de la mode en personne, sourire en coin qui te dit « Allééé, craque c’est styleyyy!!! ». Ni une ni deux, je sors ma carte bleue, ajoute un chapeau dont je n’ai absolument pas besoin pour atteindre les 100 euros dépensés en 15 minutes. Done !

L’enfer c’est les autres, encore et toujours.

Ce que je n’avais pas prévu, ce sont les réflexions spontanées des gens à qui t’as rien demandé. On me fait savoir que cela est mal de porter de la fourrure (police des mœurs bonjour), le caissier de Carrefour me demande si je ne suis pas mal à l’aise de porter ça ? Et le dernier en date, c’est sur le quai de mon train de banlieue passé minuit qui me soutient que je porte du poil de loup. Ok, si tu veux mec. Je te parle même pas du regard méprisant des altermondialistes improvisés. Finalement, je pense que le problème c’est pas la fourrure et ce que t’en penses car bien-sur je suis d’accord que l’humain déconne franchement à exploiter chaque ressource naturelle de façon lâche et polluante. Ce qui me fait déprimer au possible, c’est la pensée unique.

La pensée collective, ce fléau.

L’ennemi public numéro un, le mal absolu de cette société c’est pas la torture animale qu’on dénonce à juste titre (militant à la petite semaine oui !) mais la pensée collective. Je vais googler cette expression tient! Bon, Google me sort un exemple avec Hitler, j’y suis allée un peu fort. Mais l’idée est là. Le cuir c’est jamais que de la fourrure épilée non ? Est-ce qu’on n’est pas dans une société qui choisit ses combats à l’instant T que les consommateurs suivent un peu comme des girouettes sans personnalité ? Donc aujourd’hui c’est acceptable de se payer des chaussures en cuir/un manteau en daim, d’avoir une moumoutte autour de sa capuche (fashion faux pas mais ce n’est pas le sujet de cet article), de se payer des vêtements à des prix ridiculement bas chaque saison sans se dire qu’un humain (mineur à l’occasion) a travaillé pour trois euros par jour dans des conditions immondes. Et la Môôôssieur Lambda me dit que la fourrure c’est mal. Soyons co-hé-rents.

Conclusion car l’article se fait long

Je trouve indécent que des marques aujourd’hui vendent de la fourrure ou des matières qui nécessitent 2000 litres d’eau à produire et autant en produits chimiques. On est trop informé pour faire semblant ! Y’a tant d’alternatives et de technologies « intelligentes » dans le textile qui ne font pas ou peu de mal à la nature/à l’homme et aux petits animaux en voie d’extinction. Ça relève du sadisme pur de produire des vêtements et accessoires avec. Je ne dis pas que je ne craque jamais, oui je suis faible, mais je culpabilise : début de militantisme passif ? Je te vois venir avec tes grands sabots capitalistes m’expliquer la loi du marché, de l’offre et de la demande (épargne moi cela, j’ai mangé assez de marketing dans ma vie) MAIS c’est peut-être à nous, bas gens et petit peuple, de changer notre consommation au sens large et sortir peut-être un jour, pas tout de suite j’en ai conscience, du « je consomme donc je suis » ?

D’ailleurs pour ceux que cela intéresse, croundfunding pour une idée génialissime à soutenir dès 5 euros, autant dire des miettes les amis ! WeDressFair : des sapes responsables ET stylées et arrêter de faire l’autruche quand tu vas chez H&M ou Zara. Car oui, les vêtements sympas et fair ne sont pas que sarouels et marcels (thanks god), vive la mode vegan (et accessible please) ! 

A bon entendeur, à très vite les belettes

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Une rencontre heureuse en ayant entraînée une autre, je me suis retrouvée à la présentation de la collection de Top Vintage un soir d’hiver (froid de gueux bis) dans le théâtre Mogador. On cumule les plaisirs! Ce lieux était parfait pour voir les pièces sélectionnées par la marque: on y trouve un vivier de sapes façon vintage et respectueuses des petites mains qui les font. J’ai donc choisi (et merci encore à Evelyne pour son accueil et son temps) le pantalon taille haute (bonheur de porter une matière si flexible), un chemisier et les lunettes que voilà.

La coincidence c’est qu’en vivant à Londres j’avais déjà rempli mon armoire grâce aux boutiques de Camden et Commercial Street. Il n’y a pas de hasard finalement, n’est-ce pas?!

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1 Comment

  1. Back to basics | dayindayoff

    2018-05-10 at 22 h 53 min

    […] et sa météo capricieuse, carrément bipolaire même. Un jour manteau (de fourrure ?), un autre sudation excessive. Je pense à juste titre que le perfecto est un basique à avoir de […]

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