PRET-A-PORTER

Money, money, money.

« La richesse est dans nos cœurs, mon cul! Moi je veux de l’oseille.»

Eliie Yafa (poète)

On appréciera le fond du message, plus que la forme de cette citation. Je t’épargne un discours vu et revu sur la place de l’argent dans nos sociétés, le statut et le pouvoir qu’il confère aux plus ignares d’entre nous.

J’ai envie de raconter le rapport à l’argent que j’ai, qu’ont mes amis les plus proches  avec. Je ne citerai pas de nom, je veux les garder mes amis ! J’utiliserai des noms de protagonistes de film de Pédro Almodovar, juste pour le plaisir.

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Cas number one: La dépense au service du bien-être.

Mes copines Raimunda et Pépa, elles craquent tous les deux jours, alors qu’elles n’ont pas toujours les moyens de craquer justement. Conséquence à court/moyen terme: d’un point de vue purement économique, elles se sentent à la fin du mois une semaine après avoir touché leur paie, c’est la coutume. En observant ces gazelles au quotidien, ce qui les bouffe ce n’est pas manger des pâtes à répétition mais la frustration que cela engendre. Je t’épargne (encore) mon plaidoyer CONTRE les médias qui te donne l’occasion de te sentir pauvre et démuni à chaque connexion. Mais tu vois ce que je veux dire.

Ce que je leur envie: le plaisir immédiat sans passer par la case “En ai-je vraiment besoin?”. Je suis la première à dire “On ne sera pas enterrés avec notre argent” pourtant, cette phrase je me la trimballe depuis des années dans un coin de ma tête au moment d’acheter une énième trouvaille vintage.

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Cas numéro 2 : Je ne dépense pas, donc je vis. 

Alors mon ami Ignacio, c’est le contraire. Il ne possède que ce qui est essentiel. Chez lui pas un objet de déco, trop superflu et inutile, au mieux il y a deux plantes qui se battent en duel. Le confort matériel est secondaire voire inutile. Un lit de mauvaise qualité – “mais j’arrive à dormir quand même!”-, un téléphone qui s’éteint à répétition -” attends je le rallume”- ou encore une paire de gants à 5 euros qui tient pas les mains au chaud… sont d’infimes exemples de sa vision de la consommation: utile et pratique. Son argent, il le dépense dans les voyage et les soirées entre amis. Salutaire n’est-ce pas ?

Notre point de désaccord: les économies de bout de chandelle me rendent malade. Pourquoi acheter trois fois le même objets pas cher ET POURRIS plutôt qu’un bien?

Ce que je lui envie: il ne connaît pas le sentiment de frustration. Il l’ignore totalement. Il n’envie ni se compare à un autre pour ce qu’il possède et pour extrapoler, il n’envie pas les autres au sens large. Je précise que ce gentleman pratique quotidiennement la méditation et ne connaît pas Instagram. Tricheur.

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La sagesse autoproclamée… ou la peur du lendemain.

Le fait que je vive dans le passé et en marge des phénomènes de mode quelque soit le domaine me permet d’être en retard sur pas mal de chose et DONC d’économiser. CQFD. La publicité ne me donne plus tellement d’occasion d’envier ces influenceurs affichent un quotidien lissé par les filtres et composés de plaisir instantanés. Je vois la consommation comme un truc peu rationnel, une activité à laquelle certains s’adonnent régulièrement, merci le woueb et Asos et compagnie. Bref, je suis quand même du genre à composer des paniers en ligne et à ne jamais passer commande. Ma faille principale intervient au moment des vacances, ou plutôt de préparer les vacances: là je voudrai crouler sous les dollars pour ne plus avoir à regarder mon compte en banque et partir aussi loin que le coeur m’en dit et non plus en Europe là ou Ryanair ou Vueling te promettent un voyage sur strapontins à moins de deux heures de Paris.

Une nouvelle résolution en l’air ? Devenir moins matérialiste. Car le temps d’un déménagement ou d’un nettoyage de printemps, tout est prétexte à garder ce cadeau offert par machin y’a dix ans ou alors ces 20 paires de chaussures neuves ET inconfortables.

A l’approche (dangereuse) de la trentaine, je me sens obligée de contrôler mes sorties mondaines: du Macdo au rooftop éphémère en passant par l’happy hour quotidien, ou le mojito insipide à la piscine Molitor le temps d’un Monopoly et j’en passe…. Suis-je en train de vivre mes derniers instants de jeunesse insouciante ou dois-je “INVESTIR” dans un projet de vie viable ? 

Car oui, même avec un CDI, l’achat d’un bien ou se lancer dans un projet personnel ne fait pas toujours bon ménage avec une vie de voyages/soirées/sapes à la pelle. A Paris ou même en banlieue encore moins! Y’a des matins ou je crèverai d’être plus ambitieuse et cesser de vouloir donner du sens aux 40 heures que je passe dans un open space sans fenêtre au profit d’un salaire plus intéressant et renoncer à mes week-ends entiers de glande. Premier pas vers le succès (ou la reconnaissance sociale): j’ai ouvert un PEL que je nourrie religieusement chaque mois. You go girl!

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